Violences sexistes au travail: briser le silence

Par pudeur, parce que le sujet est trop tabou ou par crainte d’un licenciement, les différentes formes d’agressions sexistes et sexuelles sur le lieu de travail sont encore trop souvent passées sous silence. La CSC-Alimentation et services veut agir. Elle lance une grande enquête auprès de ses affiliées.
Des propos graveleux, des attitudes ou des propositions déplacées, des attouchements et même des agressions physiques, des viols parfois… La violence sexiste au travail est un phénomène dont on parle peu, mais qui est toujours bien présent, aujourd’hui, en 2017. Une centrale de la CSC, la CSC-Alimentation et services (CSC-AS), a voulu entendre ce qui se vit sur le terrain et mesurer l’ampleur de ce phénomène, pour ensuite pouvoir mieux le prévenir et le combattre. Elle vient donc de lancer une enquête sur ce sujet en ciblant spécifiquement les travailleuses dans les titres-services, le nettoyage, l’horeca, ou encore les aides familiales.
«Notre objectif, souligne Pia Stalpaert, présidente de la CSC-AS,est bien de dénoncer ces violences, mais aussi d’agir. Nous voulons d’abord contribuer à rendre nos travailleuses plus assertives, plus fortes, les aider à ne plus être des victimes passives de ces violences sexistes. L’information et la sensibilisation sont donc importantes. Nous avons également décidé de former notre personnel de première ligne à traiter ces cas, à être à l’écoute et à pouvoir renvoyer vers des services compétents. Enfin, nous voulons aussi influencer la sphère politique, pour que la recommandation de l’OIT soit traduite adéquatement au niveau national

Bonnes pratiques

Cette question de la violence basée sur le genre dans le cadre du travail sera en effet au programme de la conférence de l’Organisation internationale du travail (OIT) en juin prochain. L’objectif est d’aboutir en 2018 à une recommandation qui devra ensuite être mise en œuvre dans chacun des 187 pays membres de l’OIT.
La CSC-AS veut donc faire sa part du travail… en balayant d’abord devant sa porte! L’enquête envoyée aux affiliées de la centrale devrait permettre de mettre le doigt sur les différentes facettes de ce phénomène. Les questions portent sur la fréquence des situations ou comportements problématiques rencontrés dans le cadre du travail, leur nature, leurs auteurs, les conséquences physiques et psychologiques, le type de réaction qu’ont eue ou pas les travailleuses concernées, les suites éventuelles… Les questions ont été rédigées et testées préalablement, avec le concours de déléguées de ces secteurs, très sensibles à cette problématique.
La centrale insiste beaucoup pour qu’un maximum de femmes remplissent et renvoient cette enquête. Ses résultats complets seront communiqués en avril. Ils seront largement diffusés au sein de la centrale et au-delà. Un outil bien utile, donc, pour nourrir la réflexion et formuler des recommandations et bonnes pratiques à mettre en place dans les entreprises.

En savoir plus:

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